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Formation IA15 juillet 2026

AI Act | Les obligations de formation des employeurs en 2026

À l'approche de l'entrée en application d'une nouvelle étape de l'AI Act, le 2 août 2026, de nombreuses entreprises s'interrogent sur leurs obligations en matière d'intelligence artificielle. Si ce règlement européen est principalement connu pour encadrer les systèmes d'IA selon leur niveau de risque, il introduit également une exigence essentielle, les entreprises doivent désormais veiller à ce que les personnes qui développent ou utilisent des systèmes d'intelligence artificielle disposent d'un niveau suffisant de compétences. Cette notion, appelée AI Literacy (culture ou maîtrise de l'IA), constitue l'une des premières obligations applicables à l'ensemble des entreprises concernées par l'AI Act. Concrètement, le règlement n'impose pas de suivre une formation spécifique, en revanche, il demande aux employeurs de veiller à ce que leurs collaborateurs disposent d'un niveau de compétences suffisant pour comprendre les opportunités, les limites et les risques liés à l'utilisation de l'intelligence artificielle. Dans cet article, AI Nation vous explique les obligations des employeurs prévues par l'AI Act et les bonnes pratiques pour s'y conformer.

AI Act | Les obligations de formation des employeurs en 2026

Qu'est-ce que l'AI Act ?

L'AI Act est le premier règlement européen consacré à l'intelligence artificielle, dont le principal objectif est d'encadrer le développement et l'utilisation des systèmes d'IA tout en favorisant l'innovation au sein de l'Union européenne. Dans un contexte de transformation digitale accélérée, le texte cherche à concilier compétitivité des entreprises françaises et européennes, protection des personnes et confiance dans les solutions innovantes.

Contrairement à d'autres réglementations qui ciblent uniquement les fournisseurs de technologies, l'AI Act concerne l'ensemble des organisations présente sur le territoire européen qui utilisent des systèmes d'intelligence artificielle dans leurs activités professionnelles. Quel que soit leur secteur d'activité, des start-up aux PMI, des ETI aux grands groupes, toutes les structures de l'écosystème sont donc concernées.

Pour adapter les obligations au niveau de risque présenté par chaque système, le règlement distingue plusieurs catégories :

  • Les systèmes à risque inacceptable, interdits.
  • Les systèmes à haut risque, soumis à des exigences renforcées.
  • Les systèmes présentant un risque limité, soumis à des obligations de transparence.
  • Les autres systèmes, pour lesquels les obligations restent plus limitées.

Cette logique rapproche le règlement des démarches de gestion des risques et de contrôle interne déjà familières aux grandes entreprises.

Au-delà de cette classification des risques, l'AI Act impose aux organisations de veiller à ce que les personnes qui utilisent des systèmes d'intelligence artificielle disposent d'un niveau suffisant de compétences. Cette exigence s'applique tout au long du cycle de vie des systèmes, de leur conception par les concepteurs et les équipes techniques jusqu'à leur utilisation quotidienne par les métiers.

L'AI Act impose-t-il une formation à l'intelligence artificielle ?

Depuis l'entrée en vigueur de l'article 4 de l'AI Act, les entreprises sont tenues de garantir un niveau suffisant de compétences en intelligence artificielle chez les personnes qui développent ou utilisent ces technologies.

Cette exigence, désignée sous le terme d'AI Literacy, constitue l'une des premières obligations applicables dans le cadre du règlement européen.

L'objectif de ce texte de loi est d'assurer que les collaborateurs comprennent non seulement les possibilités offertes par l'intelligence artificielle, mais également ses limites, les risques associés à son utilisation, notamment en matière de confidentialité des données, ainsi que les responsabilités qui en découlent.

Le niveau de compétences attendu doit par ailleurs être adapté aux missions exercées, aux connaissances des utilisateurs et au contexte dans lequel les systèmes d'IA sont développés ou déployés.

En revanche, l'AI Act ne prescrit aucune formation spécifique. Autrement dit, il n'impose ni certification, ni volume horaire minimal, ni programme standardisé. Ateliers en présentiel, MOOC, coaching ou parcours collaboratifs, chaque organisation peut choisir les formats les plus adaptés à sa culture d'entreprise et à son environnement de travail. L'essentiel est de s'appuyer sur un référentiel de compétences clair, intégré à la gestion des ressources humaines et suivi par la fonction RH comme n'importe quel autre programme de professionnalisation.

Les entreprises conservent donc une certaine liberté dans les moyens qu'elles mettent en œuvre pour développer les compétences en intelligence artificielle (AI Literacy) de leurs collaborateurs, à condition de pouvoir démontrer que ces derniers disposent d'un niveau de compétences suffisant au regard de leurs missions et des usages de l'intelligence artificielle au sein de l'organisation.

Quelles sont les obligations des employeurs en matière d'AI Literacy ?

Au-delà de l'obligation générale de montée en compétences, les employeurs doivent veiller à ce que les compétences acquises soient adaptées aux usages réels de l'intelligence artificielle dans leur organisation.

Concrètement, les employeurs doivent notamment veiller à ce que leurs équipes soient capables de :

  • Comprendre les cas d'usages IA pouvant être traités par l'intelligence artificielle.
  • Identifier les risques liés aux hallucinations ou aux erreurs des modèles (LLM).
  • Protéger les données confidentielles de l'entreprise.
  • Respecter les règles internes de gouvernance de l'IA au niveau européen.
  • Exercer un esprit critique face aux résultats produits par un modèle d'IA.
  • Connaître les responsabilités associées à l'utilisation de ces outils.

Le niveau attendu n'est naturellement pas identique pour tous les collaborateurs.

Un développeur travaillant sur un système d'IA à haut risque n'aura pas les mêmes besoins qu'un commercial utilisant ponctuellement un assistant conversationnel pour préparer un rendez-vous.

L'AI Act encourage ainsi une approche proportionnée, adaptée aux usages réels de chaque métier. En pratique, il est utile de partir de chaque fiche-métier pour identifier les nouvelles compétences requises, qu'il s'agisse de compétences techniques ou managériales, puis de suivre leur acquisition dans les outils de gestion de la GRH. Ce suivi s'ajoute alors à l'expérience professionnelle et à la spécialisation de chaque collaborateur.

Quels collaborateurs sont concernés par les formations IA ?

L'AI Act ne réserve pas sa couverture aux seuls profils techniques, cette exigence concerne plus largement toutes les personnes qui développent, déploient ou surtout utilisent des systèmes d'intelligence artificielle dans le cadre de leur activité professionnelle.

Dans les faits, cela concerne aujourd'hui une grande partie des métiers de l'entreprise, notamment :

  • Les dirigeants et la direction générale, qui définissent la stratégie d'adoption de l'IA et ses orientations stratégiques.
  • Les managers et chefs de projet, qui pilotent le déploiement des nouveaux outils, la gestion de projet et la conduite du changement auprès de leurs équipes.
  • Les équipes marketing et communication, du directeur marketing aux experts du marketing digital, qui utilisent des IA génératives pour créer des contenus ou traiter des données.
  • Les ressources humaines notamment pour le recrutement, la rédaction ou l'analyse de candidatures (qui sont particulièrement à risque).
  • Les équipes commerciales et relation-client, qui s'appuient sur l'IA et leur CRM pour préparer leurs rendez-vous, personnaliser leurs échanges et améliorer l'expérience-client.
  • Les services juridiques qui utilisent ces outils pour effectuer des recherches ou analyser des documents.
  • La fonction finance, qui intègre l'IA dans le contrôle de gestion, la dématérialisation des factures, les tableaux de bord ou l'analyse prévisionnelle.
  • La DSI et les équipes informatiques, chargées du déploiement, de l'administration ou du développement de solutions d'IA connectées au système d'information, à l'ERP ou aux bases de données. Les responsables de l'architecture d'entreprise et du management des systèmes d'information sont également concernés.
  • Et plus largement, toutes les fonctions support ayant recours à des chatbots IA (ChatGPT, Claude, Gemini, Copilot etc.) dans leurs missions quotidiennes.

À mesure que l'intelligence artificielle s'intègre dans les processus métier, le nombre de collaborateurs concernés ne cesse d'augmenter. Avec la numérisation des processus, les nouveaux usages s'étendent à l'e-commerce, à la relation avec leurs clients ou à l'expérience utilisateur. Le niveau de compétences attendu doit donc naturellement être adapté aux missions exercées, aux connaissances des utilisateurs et au contexte dans lequel les systèmes d'IA sont développés ou utilisés.

Quels sont les risques pour une entreprise qui ne forme pas ses équipes ?

Vous l'aurez compris tout au long de cet article, l'absence de montée en compétences en intelligence artificielle peut avoir des conséquences qui dépassent largement la seule conformité à l'AI Act.

Une entreprise qui déploie des outils d'IA sans accompagner ses collaborateurs s'expose à des risques opérationnels, organisationnels, juridiques mais aussi en matière de cybersécurité et de protection des données. Pour les décideurs, l'enjeu dépasse donc la conformité, car la formation devient un levier de pilotage de la transformation numérique et un sujet à part entière de leur politique RSE. Bien formées, les équipes peuvent au contraire innover, repenser leurs processus et faire de l'IA l'un des leviers de leur stratégie de transformation, jusqu'à faire évoluer leur business-model.

Sans formation IA adaptée, les risques sont aussi nombreux que variés :

  • Prendre des décisions à partir de contenus inexacts ou d'hallucinations générées par les LLM (modèles IA).
  • Partager des informations confidentielles avec des outils non autorisés ou insuffisamment sécurisés. (Shadow AI)
  • Ne pas respecter les règles internes de gouvernance, de cybersécurité ou de protection des données mis en place dans votre organisation.
  • Accorder une confiance excessive aux résultats produits par l'intelligence artificielle sans exercer de vérification ou d'esprit critique.
  • Limiter les gains de productivité en utilisant l'IA de manière inefficace ou inadaptée aux besoins de l'entreprise.

En d'autres termes, sans méthode commune ni bonnes pratiques, les usages restent souvent ponctuels et individuels, ce qui freine les gains de productivité, l'automatisation des tâches et l'adoption durable de l'IA au sein de l'entreprise.

Pour approfondir ce sujet, nous vous invitons à découvrir notre article consacré au Shadow AI, qui explique pourquoi de plus en plus de collaborateurs utilisent des outils d'intelligence artificielle en dehors du cadre défini par leur entreprise.

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Conclusion

L'AI Act marque une nouvelle étape dans l'encadrement de l'intelligence artificielle en entreprise, et plus largement dans la transformation des organisations engagée avec la révolution numérique.

Sans imposer une formation standardisée, le règlement exige que les collaborateurs qui développent ou utilisent des systèmes d'IA disposent d'un niveau de compétences adapté à leurs missions, conformément au principe d'AI Literacy.

Chez AI Nation, nous accompagnons les entreprises dans cette démarche grâce à des formations adaptées aux différents métiers, aux niveaux de maturité des collaborateurs et aux exigences de l'AI Act, afin de transformer cette obligation réglementaire en véritable avantage compétitif.

FAQ

À partir de quand cette obligation s'applique-t-elle ?

Depuis le 2 février 2025, les entreprises concernées par l'AI Act doivent veiller à garantir un niveau suffisant de compétences en intelligence artificielle auprès des personnes qui développent ou utilisent des technologies d'IA.

En revanche, c'est à compter du 2 août 2026 que l'AI Act entre dans une nouvelle phase de son déploiement, avec l'entrée en application de plusieurs dispositions complémentaires et le renforcement progressif des mécanismes de contrôle.

Quels salariés faut-il former en priorité ?

Les collaborateurs qui développent, déploient, supervisent ou utilisent régulièrement des systèmes d'intelligence artificielle dans le cadre de leur activité professionnelle doivent être formés en priorité. En raison de leurs usages quotidiens, ils jouent un rôle clé dans l'adoption de l'IA au sein de l'entreprise et contribuent à diffuser les bonnes pratiques auprès de leurs équipes.

L'objectif est ensuite d'étendre progressivement cette montée en compétences à l'ensemble de l'organisation, en déployant les formations équipe par équipe et en adaptant leur contenu aux usages, aux métiers et au niveau de maturité de chaque population. Le manager digital joue ici un rôle clé pour insuffler une culture commune de l'IA et favoriser l'agilité des équipes.

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